Le grand canular allemand

« Nos pilotes sont les meilleurs », dit-on à la Lufthansa. Des médecins, des juristes et des enseignants le sont aussi … C’est dommage que trop se bardent de diplômes qu’ils ont achetés.

Nous apprenons de l’un de ces articles de la presse étrangère qui ne sont jamais traduits, qu’il est possible d’obtenir contre paiement, des titres académiques délivrés par des soit disant universités américaines. C’est le célèbre hebdomadaire Der Spiegel qui nous le dit.

C’est aussi cet hebdomadaire qui lors du naufrage de la Costa Concordia, déclarait à propos des italiens :

« On rencontre ces gens pendant les vacances à la mer. Ce sont des hommes qui gesticulent beaucoup et qui parlent avec les mains, au fond, ils ne sont pas dangereux. Il ne faudrait pas cependant les laisser s’approcher trop des grosses machines, comme on l’a vu. […] Nous avons perdu l’habitude de juger nos voisins en utilisant des stéréotypes culturels. Cela est considéré comme vulgaire ou encore pire, comme raciste. Mais pour rester sur cet argument, dans quelle mesure les italiens constituent-ils une race en soit, ce n’est pas clair » [traduction de : « Man kennt diesen Typus aus dem Strandurlaub : ein Mann der großen Geste und sprechenden Finger. Im Prinzip harmlos, man sollte ihn nur nicht zu nahe an schweres Gerät lassen, wie sich zeigt […] Wir haben uns seit langem abgewöhnt, im Urteil über unsere Nachbarn kulturelle Stereotypen zu bemühen. Das gilt als hinterwäldlerisch, oder, schlimmer noch, rassistisch (auch wenn, um im Bilde zu bleiben, nicht ganz klar ist, inwieweit das Italienische an sich schon eine eigene Rasse begründet).].

Dans un premier temps, Der Spiegel dissimule. Mais en poursuivant notre lecture, complétée par quelques recherches sur la toile, il apparaît que si cette offre illégale nous arrive des Etats-Unis, il s’avère clairement que les allemands sont les meilleurs clients, les plus nombreux dans ce commerce illégal qui est aussi dangereux.

C’est Kocks, le grand centre très fiable d’études statistiques allemand de Düsseldorf, qui a fait une étude sur la base d’un échantillon de 5 000 demandes d’emploi et qui a découvert que 30 % des candidats faisaient état de faux diplômes, de fausses expériences professionnelles à l’étranger et de fausses qualifications.30 %, c’est beaucoup et il faudrait s’en préoccuper.

A propos de Madame S, cadre d’un important groupe pharmaceutique, 20 années d’expérience, maîtrise de différentes langues étrangères et un diplôme qu’elle a obtenu à l’université « Breyer State University », Der Spiegel ne dit pas que le groupe pharmaceutique en question est allemand, mais il précise qu’on peut trouver toutes ces information que cette dame a elle-même publiées sur le site Internet de Xing (siège à Hambourg), un portail pour l’emploi en Allemagne, en Autriche et en Suisse.

Der Spiegel poursuit : « Il paraît que le responsable du personnel [ndr. allemand] ne s’est pas aperçu que Madame S. avait fait valoir un diplôme illégal dans certains Etats des Etats-Unis ». Tout comme en Allemagne où on ne s’était pas rendu compte de l’existence de directives européennes sur le contrôle des avions et des pilotes ? – nous devons ajouter - Tout comme en Allemagne on ne s’était pas rendu compte de l’état dépressif et de la tendance suicidaire de Lubitz ?

Et encore Der Spigel «Nous avons également remarqué, en poursuivant nos recherches sur le portail de Xing, que Madame S. n’était pas la seule, mais que toute une série de cadres qui occupent des postes à très hautes responsabilités se bardent de ces faux diplômes. Par exemple, un docteur titulaire d’un master d’administration des entreprises de la « American World University » a occupé pendant des années un poste de manager dans une entreprise contrôlée par l’une des plus grandes compagnies aériennes allemandes. Quand le FBI a démantelé en 2005 la fabrique de diplômes qui s’appelait « St. Regis University », on a découvert qu’au moins 50 allemands avaient de tels diplômes. Des hommes et des femmes allemands ont acheté des diplômes en économie des entreprises, en santé publique, des diplômes d’ingénieurs en mécanique et de juristes. En outre, ils ont acheté ces diplômes à des prix très raisonnables. Par exemple, un Monsieur domicilié dans le Baden-Württemberg a acheté un diplôme en droit tributaire pour la somme de 328 $. Un autre a payé 2 000 $ pour toute une carrière académique, une maîtrise en psychologie et un diplôme de psychologue criminaliste ».

Vous avez bien lu. De faux diplômes d’un manager d’une entreprise contrôlée par l’une des plus grandes compagnies aériennes allemandes. Est-ce qu’il pourrait s’agir de la Lufthansa ? ou de la Germanwings ? Que devrait-on penser du faux diplôme de psychologie criminelle ? Est-ce que son titulaire aura contribué à envoyer des innocents en prison ? Combien d’accidents avec mise en danger de nombreuses personnes ces titulaires de faux diplômes d’ingénieurs en mécanique auront-ils peut-être provoqué ?

Un nouveau monde s’offre aux lecteurs italiens [ndt : mais français aussi]. Tout au moins, c’est un mythe qui s’évanouit. Celui de l’Allemagne qu’on doit prendre comme modèle, du pays des hommes et des femmes probes, irréprochables et fiables, mais surtout, du pays sans corruption (en réalité, il n’y a pas de corruption en Allemagne, car corrompre une personnalité politique n’est pas un délit).

L’Allemagne est un pays qui tout en se permettant de dire que les Italiens sont des mafiosi, des corrompus, des violents ou, dans le meilleur des cas, des « dragueurs de minettes sur les plages », déclare « nos pilotes sont les meilleurs », en oubliant le pourcentage très élevé de qualifications fictives du personnel de ses compagnies aériennes. C’est le pays qui s’oppose en Europe aux certifications d’origine (la lutte, comme on l’a nommée, pour le « Made in ») parce que le produit « pensé » par les excellents ingénieurs allemands et ensuite fabriqué au Maroc doit – selon les Allemands - avoir l’étiquette « Made in Germany ».

Les milliers de parents non allemands qui se sont vus enlevés leurs enfants germanisés, qui ont été accusés par des expertises allemandes de ne pas être de bons parents parce qu’ils ne parlent pas l’Allemand, sont évidemment pris d’un doute quant à la réalité des qualifications de ces experts psychologues. Impossible de ne pas penser au Docteur Salzgeber, fondateur et dirigeant de la GWG (Gesellschaft für Wissenschaftliche Gerichts- und Rechtspsychologie), la société de psychologues auprès des tribunaux qui détient le monopole des expertises familiales grâce aux relations avec les tribunaux allemands (grâce, peut-être, à la corruption qui n’existe pas en Allemagne ?).

Il paraît aussi que Salzgeber, lui aussi, se pare d’un diplôme, non pas en psychologie, mais en philosophie qu’il a eu à l’étranger et donc pas en Allemagne. Malgré tout cela, chaque demande qui arrive d’Allemagne devient en Italie [ndt : et en France] un ordre qu’il faut exécuter sans discussion.

Nos tribunaux acceptent et reconnaissent sans même se soucier de faire les contrôles les plus basiques.

Notre avis : continuons à critiquer ce qui ne fonctionne pas chez nous, mais arrêtons de croire qu’il y a Outre-Rhin, un Eldoradoet acceptons que tout le monde est pareil et qu’il faut toujours tout vérifier.

Source : http://www.ilpattosociale.it/news/3365/La-grande-bufala-tedesca.html

Article de Marinella Colombo, membre de la European Press Federation, responsable du « Sportello Jugendamt » de l’association C.S.I.N. Onlus et Membre de l’association « Enfants Otages ».

Traduction libre de l’italien par l’association.