Le 1er avril 2014, un jour doublement historique.

Ca y est, c’est fait. Pendant que François Hollande remaniait son ministère, les pétitionnaires, ou plutôt ceux des pétitionnaires qui ont pu déjouer la stratégie allemande, ont pu s’exprimer devant la Commission fantôme des pétitions.

Mais que racontent-ils encore ?

C’est ce que dirait probablement notre ancien et nouveau ministre des sceaux en lisant ces premières lignes en ajoutant sans doute qu’elle vous l’avait bien dit, preuve à l’appui, que ces « certains parents » perdent la tête.

Mais non Madame Taubira, nous ne perdons pas la tête et « pire », nous résistons !

Un avant-goût de ce qui nous attend.

Pour comprendre, nous vous proposons de revenir aux épisodes précédents. Le 20 mars 2014, quelques 24 pétitionnaires qui attendaient pour certains depuis 4 ans que leur pétitions fussent examinées, virent leur dernier espoir d’être enfin entendus par nos garants européens des droits de l’Homme s’évanouir. Peter Jahr (PPE) venait de demander le retrait de leur pétition de l’ordre du jour de la dernière session de la Commission avant les élections et c’est ce qui fut fait.

Sans l’intervention musclée des eurodéputées italiens et l’appui de notre eurodéputé Philippe Boulland, membre de la Commission des pétitions, les allemands auraient pu, d’un simple claquement de doigt, faire reporter l’examen des pétitions qui leur font ombrage aux calendes grecques.

Ce triste épisode aura pourtant eu deux énormes avantages.

En cette période d’élection où la citoyenneté européenne est d’autant plus à l’honneur que l’Europe a du mal à surmonter une crise dont l’Allemagne est pour beaucoup responsable, cette situation est une belle illustration de ce qui nous attend si nous tous, parents d’enfants otages ou non, nous ne nous préoccupons pas plus de ce qui se passe à Bruxelles.

Nous avons là un bel exemple  de ce qui nous attend si aux prochaines élections, nous ne nous précipitons pas tous aux urnes pour dire que nous ne voulons pas d’une Europe germanisée, mais que nous aspirons plus que jamais à une « Union dans la diversité ».

Mais qu’ils en viennent aux faits !..

Voilà, voilà. Pas de Commission ? Qu’à cela ne tienne, nous irons quand même à Bruxelles et avec l’aide de nos eurodéputés, nous organiserons une conférence de presse le 1eravril 2014.

C’est court, mais tant pis. Parallèlement, de nombreuses personnes soutenues par les eurodéputés Muscardini et Rinaldi, ont demandé par courrier aux présidents des différents groupes politiques européens d’inscrire à nouveau les pétitions à l’ordre du jour, dans le cadre d’une session extraordinaire à Strasbourg.

La victoire en chantant ?

Non, pas vraiment, mais quand même… Nous attendions, la conférence de presse qui devait commencer à 15 heures, lorsqu’on nous a annoncé que les pétitions contre l’Allemagne venaient d’être réinscrites à l’ordre du jour. Mais, car il y a bien évidemment un « mais », le temps consacré aux pétitionnaires avait été considérablement réduit, au point qu’un droit de parole limité à 3 minutes étendu à 5, après négociations,  avait été accordé.

Par ailleurs, beaucoup de pétitionnaires étaient absents puisqu’ils pensaient que tout avait été annulé.

Mais où est passée la Commission ?

Ultime affront, la Commission européenne n’était pas là ! Hormis les allemands Peter Jahr, Reiner Wieland et l’Autrichienne Werthmann, toute la Commission pétitions  a présenté ses excuses aux pétitionnaires, a convenu que c’était scandaleux, que toutes les pétitions resteraient ouvertes et qu’un rapport sera transmis.

Mais qui dit conférence de presse dit média non ?

Heu… oui, c’est vrai. D’ailleurs Philippe Boulland a sur ce point encore précisé qu’il fallait « mettre le paquet ». On n’est pas encore au point dans ce domaine, on finira bien par y arriver. Mais si Hollande nous a volé la vedette, il y avait quand même quelques journalistes que nous remercions de croire avec nous que c’est l’Europe de nos enfants que nous construisons.

Côté Français, Françoise Schöller et son équipe étaient présentes. Elle est toujours là où il faut et quand il faut. C’est à croire qu’elle trouve ces « certains parents » plutôt intéressants et que Madame Taubira ne lui a pas encore transmis ses statistiques. On aura donc très certainement un bon reportage au JT de France 3 et peut-être sur France 2 aussi.

Il y avait aussi M6, mais là, nous ne somme sûr de rien. Les français gaulois que nous sommes restent d’irréductibles individualistes. Reste à espérer que l’émission qui en résultera sera profitable à tous.

Côté italiens, Les journalistes du 'Il Patto Sociale' ont également couvert l'évènement.

Bon, mais cette journée a-t-elle été positive ?

Franchement, ouais. On a fini la soirée en fêtant le doctorat en tutelle, droits et protection des enfants de Marinella.

Mais plus sérieusement, nous pensons que même si nous n’avons pas encore gagné, nous avons encore marqué quelques points.

  • Même si Philippe Boulland nous a informés qu’il ne se représentera pas à la Commission des pétitions, il nous a assuré de son soutien pour demander qu’une procédure en infraction soit engagée contre l’Allemagne.
  • Nous avons dénoncé le comportement de l’Allemagne et de l’Autriche qui crient au scandale lorsque le Danemark qui n’a d’ailleurs pas signé la convention de La Haye ou le Bruxelles II Bis, refuse le retour de quelques enfants. Ces pays prétendent que les droits fondamentaux de la charte européenne prévalent sur le droit national lorsqu’il s’agit de rétablir le contact entre quelques enfants  et leurs parents allemands  et s’insurge en proclamant la primauté de leur droit national sur la charte européenne lorsqu’il s’agit des milliers d’enfants qu’ils retiennent en otages.
  • Finalement, Peter Jahr et Reiner Wieland ont fini par dévoiler leur vrai personnalité. Peter Jahr est tout de suite parti. Comme le montre la vidéo, Reiner Wieland qui nous a reçu avec arrogance et un mépris non dissimulé, nous a donné une belle leçon de politesse. Après avoir fait remarquer à Marinella Colombo que lui ne l’avait pas interrompu, il est tout de suite parti après avoir fait son monologue.
  • Thomas Porombka, détenteur d’un passeport allemand a déclaré qu’il ne souhaitait pas s’exprimer en Allemand pour parler des droits universels qui sont complètement ignorés dans son pays.